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Un islandais à ViaSilva : discussion impromptue avec l’artiste Bragi Þór Jósefsson

Tête d’affiche de la 9e édition des Rencontres Photographiques de ViaSilva, Bragi Þór Jósefsson était en résidence d’artiste l’année dernière dans notre quartier. Pour nous, il évoque son parcours, ses inspirations et sa démarche créative.
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Vous exercez le métier de photographe depuis 40 ans. Qu'est-ce qui a entretenu votre passion pour cette profession au fil des années ?

Mener des projets personnels — en parallèle de commandes professionnelles —, a toujours nourri mon intérêt pour la photographie. Cela m’offre la liberté d'explorer de nouvelles idées, tout en continuant à évoluer en tant que photographe.

 

Aviez-vous déjà visité la France avant de vous rendre à Cesson-Sévigné ?

Je suis déjà allé plusieurs fois à Paris, mais durant de courts séjours. Mon souvenir le plus marquant remonte à 2016, lorsque j'ai assisté au match Islande-Autriche. Il y a deux ans, j'ai également eu l’occasion de visiter Nice et Arles.

 

Si vous n'étiez pas devenu photographe, quelle carrière auriez-vous choisie ?

Au lycée, j'ai suivi une formation en commerce. Par la suite, j'ai travaillé au service financier d'une entreprise, où je m'occupais de la facturation et de la comptabilité. J'aurais probablement poursuivi dans cette voie si je n'avais pas décidé de partir aux États-Unis pour étudier la photographie.

 

En photographie, quel est votre sujet de prédilection ?

Je dirais que c’est le même type de sujets que j'ai capturé à côté de Rennes : un mélange de nature et de paysages urbains, qui inclut parfois des personnages.

 

Dans le monde de la photographie, y a-t-il des artistes qui vous inspirent ?

Oui, il y en a beaucoup. Joël Sternfeld, Joël Meyerowitz, Irving Penn, William Eggleston, entre autres.

Quelle a été votre première impression en arrivant à ViaSilva ?

Je dois dire que je ne connaissais pas du tout le quartier auparavant. Ce qui m'a frappé en premier, c'est la beauté de la nature et de la végétation environnantes, qui contraste avec l'architecture des maisons neuves et de la ligne de métro.

Il a fait très chaud durant mes premiers jours, ce qui était parfois éprouvant. Pour autant, photographier dans ce climat a été une expérience inédite pour moi. Je pouvais sortir tard le soir et continuer à travailler dans des conditions de température agréables.

De plus, j'ai été happé par la végétation qui poussait à travers les fissures du béton. Les stations de métro sont neuves, et pourtant des fleurs et de l'herbe commencent déjà à percer. C'est ce qui a fait germer en moi l'idée de l'essor et de déclin inéluctable de ces structures. Une réflexion que j'ai approfondie une fois rentré chez moi, après avoir disposé l'ensemble du projet sous mes yeux.

 

Votre travail raconte l'évolution des relations entre la nature et l'humanité. Comment cette narration est-elle née ?

Cela m'est venu lorsque je suis revenu en Islande. Après avoir imprimé une sélection de clichés, je les ai regroupées par catégories, puis j’ai commencé à les agencer entre elles. L'histoire a émergé peu de temps après. D’ailleurs, le fait d'avoir pris une grande variété d'images a facilité les choses.

 

Comment vous déplaciez-vous à ViaSilva ?

Je me rendais dans le quartier aussi bien à pied qu'à vélo. On m'a prêté un vélo électrique pour toute la durée de mon séjour. Je l’utilisais régulièrement pour couvrir une vaste zone en peu de temps.

 

En tant qu'Islandais, avez-vous remarqué des similitudes entre votre lieu de vie et les rues de ViaSilva ?

Oui, c’est certain. Peut-être dans les zones récemment aménagées notamment, où les environs ne sont pas si différents des quartiers que nous avons en Islande.

 

Y a-t-il un endroit qui vous a particulièrement marqué ?

J'ai trouvé la ligne de métro et les stations de ViaSilva magnifiques, dans leur style brutaliste bien à elles. Plus généralement, c'est la diversité des paysages du quartier qui m'a laissé une impression assez forte.

C’est maintenant ou jamais : les clichés de la 9e édition des Rencontres Photographiques de ViaSilva sont à retrouver d’ici la fin de l’été à la Galerie Net Plus, ainsi que dans les allées du parc du Thabor à Rennes.